Mathilde Khlat, journaliste

L'information en dis-continu

VOYAGES La Nouvelle-Calédonie, une île au grand coeur

Publié dans L’Écho touristique (18/11/2011)

L’archipel reste encore un trésor bien caché que les GIE tourisme des trois Provinces (Nord, Sud et Îles Loyautés), unis pour la première fois, veulent mettre au grand jour.

Nouvelle-Calédonie novembre 2011, le cœur de Voh ©mathilde khlat

La Nouvelle-Calédonie a un grand coeur, celui de Voh, serti dans la mangrove bordant le lagon et immortalisé par Yann Arthus-Bertrand. Mais l’archipel ne peut être réduit à ce cliché tant il recèle de richesses naturelles encore méconnues. Pour les révéler, les professionnels du tourisme, soucieux d’impulser un nouvel essor, se sont accordés autour d’une stratégie marketing commune, Pacifique au coeur. Lancée en septembre, cette campagne de communication qui associe pour la première fois les GIE (groupement d’intérêt économique) des trois Provinces (Nord, Sud et Îles Loyautés) espère combler le déficit d’image d’une destination marquée par les événements malheureux de 1988 que retrace le film L’Ordre et la Morale. Car si la Nouvelle-Calédonie a son « or vert », l’archipel détient 20 à 30% des réserves de nickel du monde, elle possède aussi son « or bleu » : le plus grand lagon du monde classé depuis 2008 au patrimoine mondial de l’Unesco. Le promouvoir à l’international d’une seule et même voix fait aujourd’hui partie des priorités.

UNE FRÉQUENTATION À LA HAUSSE DE + 38.3 %

Après le coup de mou de 2010 et une fréquentation repassée sous la barre des 100 000 touristes, 2011 est un bon cru y compris sur le marché français avec 21 194 arrivées entre janvier et septembre contre 15 329 en 2010 (+ 38,3 %). Même tendance à la hausse en forfaits, avec des ventes à +32 % pour les TO du Ceto à fin août. Mais cette embellie ne sera durable que si est résolue « l’insuffisance criante du transport aérien, un problème que les Fidji ou le Vanuatu ont su combler en faisant appel aux low cost » remarque Jules Neköeng, président de la Fédération hôtelière de l’archipel. Lequel doit aussi rafraîchir ses infrastructures. Un programme de rénovation de l’hôtellerie sur 5 ans avec un budget de 183 ME est en cours. Comme l’exprime Jacqueline Riahi, responsable du GIE tourisme de la Province Nord, « Tout commence pour nous ! »

Nouvelle-Calédonie, novembre 2011 ©mathilde khlat

Découvrir la Nouvelle-Calédonie en quatre ballades:

1) LIFOU, AU CŒUR DE LA CULTURE MÉLANÉSIENNE

Le centre culturel Tjibaou, Nouméa ©mathilde khlat

Dix grandes cases de bois et de verre, s’élevant jusqu’à 28 m du sol, alignées sur une allée centrale bordée de pins colonnaires. Le centre culturel Jean-Marie Tjibaou à Nouméa, signé Renzo Piano, est un formidable condensé de la culture kanak. Le site, synthèse de l’art mélanésien et du design contemporain, permet de s’imprégner des us et coutumes des tribus et de comprendre l’histoire coloniale du pays. Une bonne introduction à la découverte de Lifou, la plus grande des îles Loyauté, à 40 minutes en avion. Sable blanc, lagons turquoises, récifs de coraux gris… Sauvage et d’une incroyable beauté, l’île vit encore au rythme des traditions même si des paraboles fleurissent sur les toits en chaume. Aujourd’hui mitoyennes à des habitations en dur, les cases incarnent toujours le foyer protecteur et la relation entre les lignées. Les Canaques vivent avec la nature, miroir de la vie et des esprits qui peuvent s’y incarner. Pour eux, « la terre n’appartient pas à l’homme puisque l’homme appartient à la terre ». La masculinité est représentée par le pin colonnaire et l’igname, cultivé par toutes les familles ; la féminité par les cocotiers et le taro. Les danseurs de pilou et chanteurs de kanéka de Lifou sont réputés pour leur talent, à admirer lors de festivités locales, comme la Fête de la Vanille.

Les danseurs de Lifou, Fête de la Vanille ©mathilde khlat

©mathilde khlat

Une case traditionnelle de Lifou

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2) GRANDE TERRE, BERCEAU DE LA BOTANIQUE

La Grande Terre ©mathilde khlat

Le parc provincial de la Rivière Bleue couvre près de 10 000 hectares de nature sauvage et insolite abritant maquis minier, forêts sèches jusqu’à 300 m d’altitude et forêts humides au-delà. Musée des vieilles plantes de la planète, il faut un guide pour découvrir les différentes espèces d’orchidées sauvages ou encore un buisson aux feuilles dures comme du plastique et les fleurs carnivores (drosera). Côté nord, les rubans de forets humides enlacent la rivière. Dans les petites cascades ou les trous d’eau, la baignade en eau douce est exquise. Au pied de l’imposant kaori millénaire, le cagou placide peut montrer le bout de son bec orange. Pour l’apercevoir, il faut scruter la terre et non les airs car l’oiseau emblématique du pays ne vole pas. Des sentiers sont aménagés pour parcourir le parc à pied ou à vélo. Campement et balades en kayak au clair de lune, entre les arbres de la forêt noyée, sont des expériences uniques. Mine d’or pour les botanistes et géologues, la terre rouge qui dessine les sentiers du parc est gorgée de métaux. D’ailleurs dans ce paysage lunaire brûlé par le soleil, où les collines dénudées dominent les plaines, il ne manque plus que les dinosaures pour se croire dans une autre ère.

©mathilde khlat

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3) L’ÎLE DES PINS, UN PARADIS BLANC

Ile des Pins ©mathilde khlat

Difficile d’imaginer qu’elle ait pu être un « bagne » au temps de la Commune de Paris alors qu’elle est surnommée « l’île la plus proche du paradis ». Tel un nuage, le sable blanc et d’une finesse extrême, absorbe la lumière. La mer aussi lisse que transparente se dégrade du blanc à l’émeraude, au large. Et les pins colonnaires qui ourlent les plages, dentèlent le ciel. Un paysage de premier matin du monde, idéal pour les voyages de noces. Sur l’Île des Pins, on peut déguster langoustines, dawa ou mahi-mahi, délicieux poissons du lagon. Ou encore s’emparer d’un masque, d’un tuba et d’une paire de palmes pour plonger entre les récifs. Dans les jardins de corail s’épanouissent étoiles de mer, comatules aux bras mouvant au gré du courant et des poissons tropicaux aux noms aussi magiques que leurs couleurs : poissons-clowns, papillons, anges, flûtes, perroquets, chirurgiens et des nuées de petites labres…

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4)  Mon coup de cœur: HIENGHÈNE , PLEIN LA VUE !

Hienghène ©mathilde khlat

Le bac de la Ouaïème, le dernier de Nouvelle-Calédonie, est le seul moyen pour traverser la rivière du Mont Panié, plus haut massif de l’île, et accéder à Hienghène. Ce passage en corniche donne au paysage un air de fjord, envasé dans les montagnes vertes d’où jaillissent de nombreuses cascades. Entre plages et pieds de falaises de calcaire noir, la route traverse des jardins tropicaux, terres des tribus de Koulnoué et Lindéralique. Les stores roulant, sorte de camions-épiceries, sont installés au bord de la route : fruits frais et artisanat y sont déposés avec le prix et une caisse improvisée dans une corbeille que viendra chercher le soir même le vendeur. C’est dire que la confiance règne ! Depuis le belvédère de Hienghène, la vue s’étend des roches de calcaire noire jusqu’aux îlots au loin. Plus près, à l’embouchure de la rivière, d’énormes masses rocheuses se démarquent par leurs formes : un sphinx et une poule. Il faut le voir pour le croire. La route file encore le long de la côte encastrée entre montagne cisaillée, océan et mangrove, forêt de palétuviers qui plongent leurs racines aériennes dans la vase. Randonnée, plongée, kayak, tout est possible dans cette région, haut lieu de la culture kanak et patrie de l’indépendantiste Jean-Marie Tjibaou. La nature y est surprenante. On dit d’ailleurs que l’âme, après avoir passé le bac de l’Ouaïème, va se reposer dans le lagon paradisiaque en face de Hienghène.

Le bac de la Ouaïème, Hienghène ©mathilde khlat

La « poule couveuse », Hienghène ©mathilde khlat

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Coup de cœur

Le rythme de la vie est doux, les gens prennent le temps de se sourire, de se parler. L’urgence disparaît et laisse place à une délicieuse lenteur.

Les tulipiers du Gabon, arbres majestueux aux fleurs rougeoyantes, bordent les routes calédoniennes.

Un tulipier du Gabon ©mathilde khlat

 

Coup de griffe

Le film « Ordre et la Morale » de Mathieu Kassovitz ne sera pas diffusé en Nouvelle-Calédonie au moment de sa sortie en salle. Le seul exploitant des salles de cinéma l’a refusé au motif que ce film serait polémique et raviverait de mauvais souvenirs.

La connexion internet encore capricieuse peut aussi être un excellent moyen de se déconnecter.

Reportage paru dans L’Écho touristique le 25 novembre 2011:

http://www.lechotouristique.com/article/la-nouvelle-caledonie-une-ile-au-grand-coeur,49076

Reportage en Une du magazine

Article sur le marché touristique

La Nouvelle-Calédonie en 4 ballades…

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Cette entrée a été publiée le 18 novembre 2011 par dans En route vers....

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