Mathilde Khlat, journaliste

L'information en dis-continu

CARRIÈRE Les guides doivent s’adapter

Publié dans L’Écho touristique le 29/06/12

Mathieu Gruel / 20 Minutes

Mathieu Gruel / 20 Minutes

Chef d’orchestre d’une visite, le guide ne doit rien laisser au hasard. Sens de l’organisation et plaisir de la rencontre indispensables !

La Joconde sourit tous les jours à 25 000 personnes. Dans la foule, les touristes sont pressés d’apercevoir l’œuvre de Léonard de Vinci, tandis que les guides, saoulés par le bruit, restent en retrait, blasés par l’affluence. « Les conditions de travail sont devenues invivables » selon Dominique Catoire, guide-interprète national. Tel est sûrement le prix à payer pour être sur le podium de la destination la plus visitée au monde. Pour d’autres, le problème réside principalement dans l’amalgame entre « les vrais et faux guides » témoigne Sophie Monbieg, vice-présidente de la FNGIC (Fédération nationale des guides interprètes et conférenciers). « Des personnes, qui n’ont ni la carte, ni les compétences, accompagnent des groupes. Malheureusement ce terme est galvaudé », explique-t-elle. Or les qualités requises sont exigeantes : être cultivé, savoir parler en public et pouvoir prendre en charge des problèmes inattendus d’organisation. « Audioguide, guide papier, Internet, rien ne remplacera un guide » ajoute-t-elle. Avis partagé par Sébastien Fraque, guide-interprète régional pour « Ça se visite ! », association qui propose des balades urbaines insolites : « Nous sommes capables de répondre aux questions, d’adapter notre discours ». Aussi, ce travail peut s’avérer répétitif : visite du Louvre toutes les deux heures, visite de la Tour Eiffel 300 fois par an…

Pour contrer ce côté rébarbatif voire démotivant, des initiatives comme « Ça se visite ! » naissent alliant découvertes de sites incontournables et de quartiers moins centraux. Ils veulent « réinventer un tourisme à visage humain » et renouveler ainsi la profession saturée par le tourisme de masse. Depuis l’arrivée de nouvelles clientèles venues des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), certains sont tenus d’apprendre de nouvelles langues. Être guide, c’est surtout s’adapter au terrain, à la clientèle mais aussi à la conjoncture économique internationale.

L’essentiel CE QU’IL FAUT SAVOIR

1. Statut : Le décret du 1er août 2011 remplace désormais les 4 professions existantes (guide-interprète régional, guide-interprète national, guide-conférencier des villes et pays d’art et d’histoire, conférencier national) par celle de guide-conférencier.

2. Formation : Carte professionnelle après un BTS tourisme ou après la réussite d’un examen ouvert à certains bacs + 2 (histoire de l’art, tourisme, etc.). Maîtrise de deux langues étrangères exigée.

3. Évolution : La fonction peut s’exercer aussi bien dans le cadre d’entreprises de tourisme (agences de voyages, office de tourisme) que d’organismes culturels (musées, châteaux) ou encore de façon indépendante.

4. Le guide interprète vit au rythme des saisons touristiques, sa disponibilité doit être totale et les rentrées financières ne sont pas toujours très régulières.

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Cette entrée a été publiée le 29 juin 2012 par dans Decryptages, Tourisme, et est taguée , , , , , , .
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