Mathilde Khlat, journaliste

L'information en dis-continu

NATURE « L’échouage en masse de baleines équivaut à un suicide collectif »

Vingt-deux baleines se sont échouées en Floride samedi dernier. (c) AFP

Le week-end dernier, plusieurs dizaines de baleines se sont échouées sur les côtes d’Ecosse et de Floride, de l’autre côté de l’Atlantique. Si les causes ne sont pas encore connues, Vincent Ridoux, professeur à l’Université de La Rochelle et directeur du Centre de Recherche sur les Mammifères Marins, nous fait part de ses hypothèses.

Comment expliquer la corrélation des échouages massifs en Floride et en Ecosse mais aussi au Canada et dans le Masasuchetts survenus le week-end dernier ?

La dimension du bassin (l’Atlantique Nord) ne permet pas des échouages concomitants en Ecosse et en Floride. Les deux évènements ne sont pas biologiquement reliés. L’échouage est un phénomène qui existe depuis toujours, surtout chez les cétacés. En France, une centaine d’animaux s’échouent chaque année sur nos côtes.

Quelle est la cause probable de ces échouages?

Il faudrait disposer d’information sur l’état des animaux, le balancement des marées ou la présence de lésions due à l’activité humaine. Ce n’est en aucun cas lié au réchauffement climatique.

Le caractère social de ces baleines est une explication rationnelle. Les baleines-pilotes qui vivent en communauté, sont une unité sociale très forte. L’échouage en masse équivaut à un suicide collectif. Si un animal en détresse s’est laissé échouer, les autres l’ont suivis même s’ils n’étaient pas souffrants. Il s’agit de comportement collectif très poussé d’assistance.

Peut-on incriminer l’homme ?

La deuxième hypothèse peut être liée à l’activité humaine, notamment à la recherche pétrolière off shore. Avant de forer, les industriels procèdent à une prospection sismique : technique acoustique afin de cartographier les sédiments. Les sonars utilisés peuvent provoquer des mortalités. Mais ce sont surtout les comportements de fuite liés à ces émissions sonores qui entraient des échouages : les cétacés n’effectueraient pas les plongées de récupérations à 200 m, indispensables, et équivalentes à des paliers de décompressions. Ce phénomène a été reconnu pour les baleines à becs qui se rapprochent des globicéphales noires, l’espèce retrouvée.

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Cette entrée a été publiée le 4 septembre 2012 par dans Interviews, et est taguée , , , , , .
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