Mathilde Khlat, journaliste

L'information en dis-continu

VOYAGES L’Ile Maurice, une île, plusieurs voyages

Publié dans L’Écho touristique le 16/11/12

Paradis de l’Océan Indien, l’Ile Maurice recèle de richesses tant culturelles que naturelles. Voyage en terre de contrastes.

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L’îlot Gabriel , octobre 2012 ©mathilde khlat

Découvrir l’île en 5 étapes:

1. Créole attitude

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Marché de Port-Louis, octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

Passée Queen Street, la porte d’entrée originelle du marché de Port-Louis, la capitale de l’île, on est immédiatement dans l’ambiance, authentique et haute en couleurs. Pyramide de légumes d’un côté, étoffes indiennes de l’autre, tel un grand bazar où il est possible d’acheter quelques souvenirs, le marché est aussi un lieu de rencontre des populations mauriciennes. Les Indo-Mauriciens (68 % des habitants), Créoles (27 %), Franco-Mauriciens (2 %) ou encore les Sino-Mauriciens  (3%)… L’ancienne Isle de France est un patchwork de cultures, véritable modèle de tolérance et d’harmonie. Les Mauriciens sont réputés pour leur hospitalité. Sur l’île, le sourire est de mise. Si la gentillesse était un gène, ses habitants en seraient tous dotés. On y parle donc plusieurs langues, anglais, français, indien… Seul le créole, une langue constituée d’images, de jeux de mots et de poésie, est connu de tous. Ne pas hésiter à lâcher un « Kouma on dir a ? » (Comment on dit ça ?) à un Mauricien pour essayer d’apprendre quelques expressions. Les autochtones adorent qu’on leur parle créole et ça les fait souvent rire…

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Statue géante de Shiva (33 mètres) à Grand Bassin, octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

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Grand Bassin, octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

2. Drôle de nature

 octobre 2012 ©mathilde khlat

octobre 2012 ©mathilde khlat

La route défile, le sega résonne dans la voiture. Les champs de canne à sucre se balancent au gré du vent. Au loin, les montagnes majestueuses encadrent le ciel. Au fond des plaines, les monts paraissent inatteignables, presque sacrés. Quand le ruban d’asphalte s’infiltre entre les montagnes, le spectacle fait sourire. Les silhouettes de certains sommets sont alors drôlement sculptées… A côté de Port-Louis d’abord, le Pouce (811 m), qui se tend vers le haut, comme une main immense. Plus au Sud, le Morne Brabant (556 m) est bien morne, comme un rocher géant : « château peuplé d’oiseau de mer (…) sans un arbre, sans une plante », le décrit Jean-Marie Le Clézio, enfant du pays. A l’Est, la montagne du Lion (480 m) est allongée, tournée vers un panorama à couper le souffle : des champs, verts et beiges, la mer turquoise et d’innombrables chapelets d’îles. Au Sud, les trois mamelles pointent vers le ciel.

 Le Pouce (811 mètres), octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

Le Pouce (811 mètres), octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

3. Marche avec les lions

IMG_6447A Maurice, chacun peut trouver son bonheur. Entre le golf, le kit surf, la randonnée ou encore la relaxation, de la plage au Spa, tout est possible. En famille ? Pas de problème. Les enfants ne risquent pas de s’ennuyer non plus. De nombreux hôtels proposent des mini-clubs voire des clubs ados où de nombreuses activités sont organisées. Pour les plus grands, les fonds marins sont facilement accessibles d’un coup de palmes. Et pour les aventuriers en herbe, une excursion promet une expérience pratiquement unique au monde : aller marcher avec les lions à Casela, une réserve de 4 500 ha. Par groupe de dix, on a le privilège de les accompagner et de les regarder jouer, manger et grimper aux arbres. Même pas peur ! On peut se faire prendre en photo pendant qu’on caresse la fourrure de ces grands fauves doux comme des chatons. Quelques conditions cependant pour vivre le grand frisson : avoir au moins 15 ans et mesurer plus de 1,50 m. Une équipe de professionnels encadre cette activité inoubliable. Et si par chance, il y a une portée de lionceaux, attendrissement garanti ! On en ramènerait bien un à la maison…

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Un lionceau du Parc Casela, octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

 

4. Sur la route de « Bois Chéri »

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Des cueilleuses de feuilles de thé sur la route de Bois Chéri, octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

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octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

A côté de Curepipe, la demeure des Aubineaux, aujourd’hui transformée en musée, plonge dans le passé colonial de l’île. Erigée en 1872 par une famille de planteurs de canne à sucre, la maison a conservé tous ses meubles et tableaux d’époque. C’est la première étape avant de s’engouffrer dans les terres, par la route de Bois Chéri. Les champs moutonnent de buissons d’un vert éclatant, le ciel est bleu azur. Les cueilleuses de thé, paniers sur les dos, sangles accrochés sur les têtes, travaillent et recueillent jusqu’à 67 kilos de feuilles par jour. Leurs gestes sont machinaux et rapides pour retirer les petites feuilles, ensuite traitées à l’usine Bois Chéri, qui se trouve un peu plus loin. Un musée et une visite de l’usine permettent de comprendre et suivre « en direct » le cheminement de la récolte jusqu’à la mise en sachets. Ensuite, au restaurant panoramique, qui surplombe les plantations et l’océan, on savoure des mets locaux cuisinés avec des feuilles de thé, comme un poulet au thé vert. Le programme de l’après-midi s’adapte aux envies : rester sur la terrasse à admirer la vue panoramique, faire un tour de barque sur le lac situé en amont ou randonner dans le vaste domaine.

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A l’usine Bois Chéri, octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

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A l’usine Bois Chéri, octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

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octobre 2012 ©mathilde khlat

5. MON COUP DE CŒUR: Se souvenir des belles choses…

OLYMPUS DIGITAL CAMERA  L’ambiance est calme, apaisante. Sous le gigantesque banian au fond du jardin, l’air est frais. On aperçoit la maison, les colonnades de la grande varangue et ses tables décorées avec de la vaisselle en porcelaine. La demeure Saint-Antoine, une adresse encore un peu secrète, vient d’ouvrir ses portes à Poudre d’Or. Cette ancienne maison coloniale date de 1830. L’équipe qui s’occupe de faire vivre la maison en l’absence de la propriétaire, renouvelle les traditions d’autrefois dans un décor authentique et romantique. Photos de familles, vaisselles d’origine, mobiliers en bois de cannelle, piano à queue et jeux de société, tous les objets évoquent la nostalgie que l’on a des choses passées. On sent l’âme des générations qui s’y sont succédé, à l’époque des bals et grandes réceptions. On peut y rester le temps d’un goûter, thé local et tarte à la banane, ou même un brunch du dimanche. Faire un billard ou jouer aux jeux de société dans le salon au son du piano. Un chef (Toque blanche) s’occupe des dîners, remet au goût du jour « les recettes de grand-mère » de la famille. C’est la seule maison coloniale de l’île où il est possible de dormir. Le but, c’est d’être comme à la maison et d’arrêter le temps.

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octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

L’ile Maurice, une destination qui pousse ses atours

Avec une nouvelle signature, Une île, plusieurs voyages, l’Île Maurice affirme sa volonté d’étoffer et de renouveler son offre touristique pour rester sur le podium des grandes destinations long-courriers.

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octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

L’image de l’Île Maurice s’est un peu brouillée ces dernières années sur fond de concurrence accrue des Maldives et Seychelles. La position des autorités touristiques est pourtant claire : pas question de brader les prix. Pour tirer la croissance, mieux vaut miser sur les marchés émergents comme la Russie, la Chine ou l’Inde. Robert Desvaux, directeur de Mauritius Tourism Promotion Autorithy est même parti récemment en croisade contre le « all inclusive », pratiqué pourtant par seulement 6 des 32 hôtels 5* de l’île. Robert de Spéville, directeur commercial de Beachcomber Hôtels, regrette cette position, comme nombre d’hôteliers : « On peut faire du tout inclus haut de gamme ». Tout semble être une question de dénomination puisqu’une appellation « Food et drinks inclusive » au lieu de « all inclusive » est à l’étude à l’OT.

Alors que la nouvelle classification hôtelière est en cours, rénovations (l’Ambre, LUX le Morne et Belle Mare, The Prince Maurice…) et ouvertures (le Saint-Regis, Le Centara Poste Lafayette Resort and Spa) vont bon train confirmant l’attractivité de l’île. Pour le ministre du Tourisme, Michael Sik Yuen, il faut pourtant « changer la manière dont on vend la destination. Ce n’est pas que la plage. Il y a la diversité culturelle, l’écotourisme et même le tourisme religieux ». Une île mais plusieurs voyages, en couple mais aussi en famille. Un credo qui doit doper la fréquentation comme l’assouplissement, depuis le 1er novembre, des formalités (le passeport n’a plus besoin d’être valide 6 mois après la date de retour). Le marché français pourrait en bénéficier. La fréquentation hexagonale a chuté de 11% en 2011 et les ventes de forfaits étaient en retrait de 12 % chez les TO du Ceto en juillet dernier. Rémi Sabarros, directeur France de Beachcomber Hôtels, milite pour un Office du tourisme en France avec pignon sur rue. La troisième destination long-courrier des Français chez les TO le vaut bien.

BON À SAVOIR
Comment y aller : Corsair, qui vient de renouveler et reconfigurer sa flotte, programme 3 vols directs par semaine (à partir de 1 200 E A/R). Air Mauritius est en partage de code avec Air France et propose 16 vols par semaine en vols directs (offre spéciale à partir de 1 020EEA/R). 12 vols par semaine via La Réunion avec Air Austral et 14 fréquences pour Emirates (depuis Nice, Lyon, Paris et Genève). Air Madagascar, British Airways, Condor y vont également.

Budget : Entre 800 et 1 400 E pour un vol A/R selon la saison. Il faut compter environ 1 500 E par personne pour un séjour d’une semaine en hôtel. Des nombreuses offres spéciales ou early booking permettent de compresser le budget.

Coup de cœur

Les magnifiques flamboyants qui bordent les routes

La Terre des 7 Couleurs et sa cascade à Chamarel

La gastronomie, un mélange de saveurs du monde

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La cascade de Chamarel, octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

 

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La Terre des 7 couleurs, octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

Coup de griffe

Les routes sont étroites et les Mauriciens roulent vite. En plus, la conduite se fait à gauche.

L’îlot Gabriel, un déversoir de touristes:

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L’îlot Gabriel en haute saison, octobre octobre 2012 ©mathilde khlat

 

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2 commentaires sur “VOYAGES L’Ile Maurice, une île, plusieurs voyages

  1. Margot
    6 décembre 2013

    Je suis déjà allé sur l’île une fois, mais je n’ai pu découvrir que la plage et l’hôtel où j’ai habité. Je ne savais pas qu’on pouvait découvrir beaucoup de choses très intéressantes comme tu le racontes dans ton article. Merci aussi pour les magnifiques photos.
    Margot T.

  2. Solange
    12 décembre 2014

    Moi aussi pareil. Pourtant, j’avais bien entendu parler de sites magnifiques à voir sur http://ilemaurice.com/ comme le Morne Barbant ou encore Chamarel. J’aurais adoré faire faire la route du « Bois chéri » et rencontrer les cueilleuses de thé ou encore les champs de cannes à sucre à perte de vue. Une approche plus culturelle et humaine m’aurait autant comblé que les transats et les journées farnientes à la plage.

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Cette entrée a été publiée le 17 décembre 2012 par dans En route vers..., Non classé, et est taguée , , , , , .
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