Mathilde Khlat, journaliste

L'information en dis-continu

VOYAGES Le Nouveau-Brunswick, naturellement accueillant

Publié dans L’Écho touristique le 11/01/2013

Une nature omniprésente, un riche patrimoine culturel, le Nouveau-Brunswick, l’autre province francophone du Canada réserve de belles surprises.

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Lîle aux Puces au Pays de la Sagouine, juin 2012 ©mathilde khlat

De l’autre côté de l’Atlantique, les Français ont des cousins méconnus dont Roch Voisine est le plus célèbre. Ils habitent le Nouveau-Brunswick, une des trois provinces maritimes du Canada qui compose en partie la mythique Acadie. Terre où les premiers colons français, venus du Poitou, sont arrivés, à quelques encablures du Maine américain, le Nouveau-Brunswick est le seul État officiellement bilingue du Canada, fruit d’une histoire tiraillée entre Anglais et Français. Avec un territoire recouvert à 80 % de forêts, lacs et rivières, de longues plages désertes, il offre le spectacle d’une nature brute et sauvage. Ses habitants, chaleureux, loufoques et émouvants, toujours prêts « à piquer une jasette », constituent l’une des plus grandes richesses de ces vastes terres. Très attachés à leurs racines, ils cultivent un folklore, mélange de poches francophones et d’âme celte. Baptisé depuis 2011 « l’Autre province du Canada », le Nouveau-Brunswick souhaite, avec cette signature, se démarquer de son voisin le Québec qui lui fait un peu d’ombre notamment auprès des Français.

Pourtant, pour des visiteurs qui connaissent déjà le Canada, c’est une destination complémentaire du Québec, et même des États-Unis. Plus de 21 voyagistes français la proposent, à travers 47 programmes, principalement en autotour, la plupart en combiné avec le Québec ou la Nouvelle Écosse. « Les voyageurs atterrissent souvent à Montréal, puis louent une voiture ou reprennent un avion pour venir chez nous», explique Emmanuelle Winter, directrice France de la destination. Quelque 10 000 Français ont tenté la découverte en 2011. « Nos volumes ne sont pas énormes mais le Nouveau-Brunswick plaît et combinée au Québec, est une vraie valeur ajoutée », témoigne Éric Daudier, chef de produit Canada chez Vacances Transat.

Découvrir la région  4 étapes:

1. SO PHARE AWAY !

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Le phare de Grande-Anse, juin 2012 ©mathilde khlat

Dans le village de bord de mer de Grande-Anse, le phare, aujourd’hui transformé en office de tourisme, est peint de bleu-blanc-rouge, frappé de l’étoile représentant la Vierge Marie. Ce sont les couleurs du drapeau de l’Acadie qui flotte sur beaucoup de maisons et voitures du Nouveau-Brunswick. Plus au Nord, l’île de Miscou vit débarquer Jacques Cartier en 1534, il découvrait alors le Canada. Aujourd’hui, l’ambiance est plus calme et déserte. À la pointe de l’île, le phare de Miscou offre une vue imprenable. Du haut de ce vieux guetteur solitaire (l’un des plus anciens phares du golfe du Saint-Laurent), le contraste de couleurs est saisissant : les tourbières, la forêt, des bras de rivières qui se jettent dans la mer dessinant des lacets d’eau. L’effort de la montée est vite récompensé.

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Vue depuis le sommet du phare de l’île de Miscou, juin 2012 ©mathilde khlat

Au retour, un crochet par l’église Sainte-Cécile à Petite-Rivière-de-l’île sur l’île de Lamèque est indispensable. Attention les yeux ! Pas d’hallucination, la nef ressemble bien à un arc-en-ciel. Les couleurs pastel remplacent les toiles saintes. C’est l’œuvre de l’abbé d’Astous, qui a entièrement redécoré son église en s’inspirant de l’art naïf. Un abbé bien ancré dans son temps : on était en 1968 !

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Dans le petit village de Lamèque, l’église en met plein la vue, juin 2012 ©mathilde khlat

2. LE HOMARD, UNE STAR LOCALE

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Alma, à l’entrée du parc national Fundy, juin 2012 ©mathilde khlat

Au Nouveau-Brunswick, on peut manger du homard matin, midi et soir. En omelette, grillé, en soupe, ou même en sandwich … Le homard bleu, particularité locale, vole un peu la vedette à son homologue rouge. Étant vendu quatre fois moins cher qu’en France, on en mange à toutes les sauces pour le plus grand plaisir de nos papilles. La baie de Fundy est un des plus grands réservoirs mondiaux de ces crustacés. On peut le pêcher à Shédiac, un port dont la fortune repose sur cette petite bête et sur la beauté de ses plages, où l’eau est nettement plus chaude qu’en Bretagne, c’est dire ! Dans ce petit port de pêche, une croisière gourmande est à la carte. On met les voiles pour une expérience interactive et culinaire sur le thème du homard. Ballade sur le pont au coucher du soleil, musique acadienne, vue sur la côte Est, bonne humeur de l’équipage, un moment à savourer sans modération.

3. UNE NATURE GRANDIOSE

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Observation de l’ours en milieu sauvage, juin 2012 ©mathilde khlat

Des colonies de phoques que l’on approche, pagaie à la main, sur un canot dans le parc de Kouchibouguac. Des baleines et des cachalots à observer à Saint-Andrews, des oiseaux migrateurs à Mary’s Point, des saumons et des castors dans la rivière Big Salmon ou Miramichi, des élans le long des routes. Sans oublier les ours que l’on espionne de près dans le silence le plus total à Acadieville, lors d’un Bear Safari : une heure en apesanteur sur une plate-forme protégée, au milieu d’ours qui batifolent et d’oursons patauds si mignons ! Les animaux sont rois dans ce palais de forêts, rivières, clairières. Décidément le Nouveau-Brunswick est une terre accueillante pour tout le monde ! La nature y est grandiose. Comme les plus hautes marées du monde de la baie de Fundy et ses roches Hopewell, biscornues, sculptées par les eaux tumultueuses. Non loin de là, le Fundy national parc s’étend sur 200 km2 le long de la mer abritant lacs, forêt, pistes cyclables. Un paradis pour les amoureux de vert et de grands espaces.

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A marée haute dans la baie de Fundy, juin 2012 ©mathilde khlat

4. COUP DE CŒUR Chez nos cousins les Acadiens

C’est en musique que l’on est accueilli au Pays de la Sagouine à Bouctouche. Dans ce parc à thème culturel dédié à l’œuvre de la romancière locale Antonine Maillet, on découvre l’âme de l’Acadie. Un lieu de rencontre unique où l’imaginaire de l’écrivain donne vie à de nombreux personnages, tous plus attachants les uns que les autres. Ils nous racontent des histoires truculentes, interprètent des pièces de théâtre et jouent une musique folklorique entêtante. Le tout dans une atmosphère enivrante et en V.O. : à s’en faire chavirer la caboche !

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Vue de l’île aux Puces au Pays de la Sagouine, juin 2012 ©mathilde khlat

À Caraquet, le village historique acadien offre aussi une plongée passionnante dans le passé. L’histoire de l’Acadie y est racontée sur trois siècles et de façon très ludique. Ici les visiteurs ne se promènent pas dans des salles d’expositions, ils se baladent dans un village retraçant successivement les modes de vie du XVIII, XIX, et XXe siècle. On comprend mieux les conséquences tragiques du Grand Dérangement de 1755, forçant les Acadiens à quitter leurs terres et vivre clandestinement. Les maisons d’époque sont toutes disséminées dans une clairière où tout est plus vrai que nature. Les visiteurs peuvent entrer librement dans les habitations où des personnages costumés racontent leurs vies quotidiennes, des anecdotes. L’institutrice pousse les visiteurs à chanter en coeur dans la classe. Dans un champ, deux hommes labourent la terre avec un cheval, d’autres s’occupent des fermes, les forgerons sont au travail…

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Les acteurs du Village historique acadien font revivre l’histoire de la région, grandeur nature! juin 2012 ©mathilde khlat

COUPS DE CŒUR

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Cap-Enragé, juin 2012 ©mathilde khlat

– Le site de Cap-Enragé et sa vue sur la Nouvelle-Écosse.

– La gentillesse des Acadiens.

– Les expressions typiquement canadiennes : « faire le pouce » pour faire du stop, « la blonde » pour la copine qu’elle soit blonde ou brune !

COUPS DE GRIFFES

– Les maringouins, les moustiques locaux, sont féroces, surtout dans les zones boisées.

BON À SAVOIR

Comment y aller : Air Canada propose depuis Paris des vols vers Montréal et Toronto avec des connexions vers Moncton. Air France vole sur Montréal, Air Transat sur Montréal et Québec, British Airways propose des vols vers Halifax en Nouvelle-Écosse via Londres. Il est possible de prendre le train, VIA RAIL, depuis Montréal. Train couchette, départ vers 18 h 30, et arrivée le lendemain matin vers 9 h à Bathurst et 11 h 30 à Moncton.

Budget : Il faut compter environ 2 250 E pour un séjour de 14 jours – 12 nuits en autotour (avec les vols internationaux, sans les repas). Pour un combiné avec le Québec, un budget à partir de 2 500 E est à prévoir.

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Cette entrée a été publiée le 22 janvier 2013 par dans En route vers..., et est taguée , , , , , .
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